Rédigé par Nicolas Dabène, développeur indépendant.
TL;DR
La plupart des erreurs des agents IA ne viennent pas du code. Elles viennent des suppositions.
Dans Antigravity, la commande /grill-me force l’agent à arrêter d’exécuter… pour commencer à réfléchir.
Au lieu de générer du code immédiatement, l’agent :
- pose des questions,
- clarifie les besoins,
- identifie les zones floues,
- challenge les choix techniques,
- valide l’architecture avant d’écrire une seule ligne.
Et honnêtement ?
C’est probablement l’une des meilleures habitudes à adopter quand on travaille avec des agents IA.
🤖 Le vrai problème des agents IA
Les agents modernes sont impressionnants.
Tu leur donnes :
“Crée-moi un module PrestaShop avec synchronisation API et dashboard admin.”
Et ils partent immédiatement en production.
Le problème : ils partent souvent… dans leur propre direction.
Pourquoi ?
Parce qu’un agent IA :
- complète les blancs,
- interprète les intentions,
- suppose des contraintes,
- imagine des comportements métier.
Résultat : tu récupères parfois :
- une mauvaise architecture,
- des hypothèses métier erronées,
- une stack non désirée,
- des choix techniques impossibles à maintenir,
- ou simplement… quelque chose qui ne correspond pas à ton besoin réel.
Le pire ? Le code peut être techniquement bon.
Mais totalement hors sujet.
🔥 /grill-me inverse complètement la dynamique
La commande /grill-me change le comportement de l’agent.
Au lieu de :
“On code immédiatement.”
L’agent passe en mode :
“On vais d’abord comprendre exactement ce que tu veux.”
C’est littéralement un interrogatoire technique.
L’agent commence alors à :
- poser des questions ciblées,
- demander des exemples,
- clarifier les cas limites,
- vérifier les contraintes,
- identifier les ambiguïtés,
- valider les priorités,
- anticiper les problèmes d’architecture.
Et ça change tout.
🧠 Pourquoi cette approche est extrêmement puissante
1. Elle réduit les hallucinations métier
Un agent IA hallucine rarement la syntaxe.
Il hallucine surtout :
- les intentions,
- les besoins,
- les workflows,
- les règles métier implicites.
/grill-me réduit énormément ce problème.
2. Elle force la clarification des specs
La majorité des projets ont des specs floues.
Et souvent : le développeur humain lui-même n’a pas encore totalement clarifié son besoin.
Le mode /grill-me agit alors comme :
- un architecte,
- un Product Owner,
- un lead technique,
- un challenger fonctionnel.
L’agent devient un outil de raffinage des exigences.
3. Elle évite les mauvais départs
Un mauvais départ IA coûte cher :
- refactoring,
- réécriture,
- perte de contexte,
- dette technique,
- architecture fragile.
Quelques minutes de questions intelligentes peuvent éviter des heures de correction.
⚙️ Exemple concret
Tu demandes :
“Crée-moi un système de synchronisation ERP pour PrestaShop.”
Sans /grill-me, l’agent pourrait :
- choisir la mauvaise stratégie de sync,
- supposer un flux temps réel,
- ignorer les contraintes volumétriques,
- créer une architecture non scalable,
- oublier les retries,
- ignorer les conflits de données.
Avec /grill-me, l’agent pourrait demander :
- Quelle est la source de vérité ?
- La sync est-elle bidirectionnelle ?
- Quel volume produit ?
- Temps réel ou batch ?
- Gestion des conflits ?
- SLA attendu ?
- Multi-boutique ?
- Compatibilité PrestaShop cible ?
- API REST ou SOAP ?
- Gestion des retries ?
- Queue système ?
- Idempotence requise ?
- Tolérance aux pannes ?
Et soudain : on ne parle plus simplement de “générer du code”.
On parle de : concevoir correctement un système.
🚀 Les autres commandes essentielles dans Antigravity
/goal
/goal fait exactement l’inverse de /grill-me.
Ici : l’agent reçoit un objectif final et avance en autonomie complète jusqu’à ce qu’il soit atteint.
Exemple :
/goal Corrige tous les tests cassés et stabilise la CI
L’agent :
- planifie,
- exécute,
- corrige,
- itère,
- valide.
Sans demander de validation intermédiaire.
C’est extrêmement puissant pour :
- les refactorings,
- les fixes CI/CD,
- les migrations,
- les tâches répétitives,
- les workflows bien cadrés.
/schedule
Cette commande permet de lancer des tâches en arrière-plan.
Typiquement :
- jobs planifiés,
- exécutions différées,
- automatisations récurrentes,
- cron jobs IA.
Exemple :
/schedule Analyse les logs chaque nuit à 2h
Très utile pour :
- monitoring,
- QA automatique,
- audits,
- veille technique,
- maintenance proactive.
/browser
Cette commande force explicitement l’usage du sous-agent web.
L’agent peut alors :
- naviguer,
- interagir avec des pages,
- tester des interfaces,
- faire des recherches,
- inspecter un rendu.
Exemple :
/browser Teste le checkout mobile du site
Très pratique pour :
- QA frontend,
- scraping,
- debugging UI,
- vérification SEO,
- tests utilisateurs automatisés.
🏗️ Le vrai changement : passer du “prompting” à l’orchestration
Les développeurs qui performent avec les agents IA ne sont plus simplement ceux qui “écrivent de bons prompts”.
Ce sont ceux qui savent :
- orchestrer,
- cadrer,
- découper,
- superviser,
- valider les hypothèses,
- contrôler le contexte.
/grill-me est intéressant parce qu’il formalise cette idée.
Le développeur ne devient pas moins important.
Au contraire.
Son rôle évolue vers :
- l’arbitrage,
- la clarification,
- l’architecture,
- la supervision stratégique.
L’agent exécute. L’humain pilote.
✅ Quand utiliser /grill-me
Utilise-le systématiquement pour :
- les architectures complexes,
- les modules e-commerce,
- les workflows métier,
- les intégrations API,
- les systèmes multi-services,
- les migrations,
- les projets IA,
- les pipelines automation,
- les sujets où une mauvaise hypothèse coûte cher.
❌ Quand éviter /grill-me
Pas nécessaire pour :
- une petite fonction isolée,
- un fix trivial,
- une tâche ultra cadrée,
- une opération mécanique simple.
Dans ces cas-là :
/goal sera souvent plus rapide.
🎯 Conclusion
Le plus gros risque avec les agents IA n’est pas qu’ils codent mal.
C’est qu’ils codent vite… dans la mauvaise direction.
/grill-me agit comme un garde-fou intelligent :
- il ralentit volontairement le démarrage,
- pour accélérer tout le reste du projet.
Et plus les agents deviennent autonomes, plus cette étape de clarification devient critique.
Parce qu’au final :
Un agent IA très rapide avec de mauvaises hypothèses reste… un accélérateur d’erreurs.
— Nicolas Dabène